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	<title>Jean-Pierre Rosnay &#187; Le Treizième Apôtre</title>
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	<description>Rendre la poésie contagieuse et inévitable</description>
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		<title>Le 13 ème Apotre (fragment)</title>
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		<pubDate>Mon, 27 Jul 2015 06:08:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Rosnay]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Le Treizième Apôtre]]></category>
		<category><![CDATA[Poèmes]]></category>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>J&rsquo;ai vu bien des choses dans ma petite vie, et je mesure amèrement l&rsquo;impuissance à les dire.</p>
<p>Je ne sais plus laquelle de mes vies est vraie, si c&rsquo;est une de celles que j&rsquo;ai vécues ou celle que j&rsquo;ai imaginée. Et mon crayon titubant entre les lignes, ressemble étrangement à un homme ivre, qui raconterait des histoires dans la nuit aux becs de gaz. Des histoires dont tout le monde se fiche. Je n&rsquo;ai rien que moi. Je ne puis aller plus loin que moi, et je me hais.</p>
<p>Mais que celui qui se moque de l&rsquo;homme saoul se méfie. Nul n&rsquo;est à l&rsquo;abri de soi-même, et que celui qui le peut, et que l&rsquo;homme fort me jette la première pierre, mais alors qu&rsquo;il ne me manque pas, qu&rsquo;il vise au front, car je n&rsquo;aurais aucune pitié pour les assassins du dimanche.</p>
<p>Je suis né, je vis, je mourrai, à mon insu. Il ne me reste que des gestes à faire, des sensations à prendre, à voler&#8230;</p>
<p>Voler mon corps dans l&rsquo;eau de la mer&#8230; Voler les rayons du soleil comme le ciboire et le calice, dans le lieu ridicule où les vaincus viennent signer leur soumission totale&#8230; Voler mon corps dans les râles d&rsquo;une femme. Je volerai tout. Vous n&rsquo;aurez pas une seule de mes minutes. Et j&rsquo;assassinerai, au matin, mes complices à la lisière de mes rêves.</p>
<p>Quelquefois la nuit, je m&rsquo;approche si près des étoiles, à pas de loup, que je pourrais les embrasser dans le cou sans les réveiller.</p>
<p>Quelquefois le jour, je m&rsquo;approche si près du soleil, que je pourrais lui tendre la main, et c&rsquo;est malgré moi, et j&rsquo;en ai grande envie, et j&rsquo;ai beaucoup de peine</p>
<p>Voler tout, je volerai tout. Je suis un voleur. Un voleur qui n&rsquo;acceptera la pitié de personne, même pas celle du soleil. Un voleur qui ne répondra même pas à la douce voix du vent. Et les gens qui passent, et la caravane qui défile avec ses bruits et ses silences, ne m&rsquo;atteignent pas.</p>
<p>Personne n&rsquo;entrera dans ma solitude, je n&rsquo;aurai pas d&rsquo;ami, pas d&rsquo;enfant, pas de lendemain. Je vous quitterai sans un mot, par un jour commun, et le calendrier n&rsquo;aura même pas l&rsquo;heur de s&rsquo;en apercevoir.</p>
<p>Si quelquefois, je laisse des sourires d&rsquo;enfants s&rsquo;approcher de moi, c&rsquo;est par curiosité. Mais j&rsquo;atteste, sur la foi de mon honneur particulier, que je les chasse avant qu&rsquo;ils ne se soient posés sur ma main.</p>
<p>Je suis l&rsquo;éternel rôdeur. Le voleur de poulpes qui se moque de la fumée bleue qui s&rsquo;échappe des foyers. Je précipite le son des cloches dans un abîme sans compréhension. Parfois, même, je crache à la tête des fleurs.</p>
<p>N&rsquo;entrez pas, je n&rsquo;ai pas de porte. N&rsquo;entrez pas.</p>
<p>Jadis, il y a très loin, des siècles ou peut-être hier, vous êtes entrés et vous avez tout cassé. J&rsquo;entends le bruit de vos bottes et les coups de feu que vous échangez. Je sais que vous vous tuerez tous, jusqu&rsquo;au dernier, et que chaque balle perdue se retrouvera, et sera fondue à nouveau, pour de nouveaux règlements de compte. J&rsquo;entends les chiens que vous avez dressés pour mordre, hurler à la mort.</p>
<p>Je me suis guéri de vous. Jamais je n&rsquo;aurais plus ni haine, ni amour, ni envie. J&rsquo;ai placé des sentinelles de partout à la limite de mes regards. N&rsquo;approchez pas&#8230; ici se barricade un fou, qui donnera du mal gratuitement et sans compter, à quiconque mettra pied ou ombre dans son domaine.<br />
Les cigales peuvent chanter jusqu&rsquo;à sécher sur l&rsquo;écorce brûlante des pins,<br />
Les oiseaux peuvent chanter jusqu&rsquo;à se saigner,<br />
Les chats les plus petits et les plus abandonnés peuvent miauler dans le creux de mon oreille, toute la nuit&#8230;<br />
La nuit, je dors.<br />
Le jour, je vis.<br />
Chacun chez soi.<br />
Que chacun crève, en lui et pour lui, sans incommoder les autres.</p>
<p><em>Jean-Pierre Rosnay (Le Treizième Apôtre, Extrait)<br />
</em></p>
<p>Blaise Rosnay interprète ce passage. <iframe src="https://www.youtube.com/embed/WqIks_0IXgI" width="420" height="315" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
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